EN REPLAY : nos propositions pour la PAC (webconférence)

Le 19 octobre dernier, l’Afac-Agroforesteries présentait ses propositions pour la future PAC lors d’une webconférence. En s’appuyant sur l’expertise de notre réseau, nous nous sommes donc mobilisé·e·s pour construire des propositions pour une PAC qui favorise le maintien, la gestion durable et le développement de l’arbre et la haie. Ce plaidoyer pour l’arbre et la haie se poursuivra tout au long de l’élaboration du Plan stratégique national, qui définira les interventions et les modalités de mise en œuvre de la PAC à l’échelle nationale.

Vous pouvez regarder à nouveau la webconférence ou la découvrir ci-dessous ( pour un visionnage rapide, voir la conclusion à 53 min 53)

 

Les thématiques abordées :

>>  Les enjeux du développement de l’agroforesterie pour la prochaine décennie

>>  Comprendre la réforme de la PAC : opportunités et incidences pour l’agroforesterie

>>  Nos propositions pour placer l’arbre au coeur de la future PAC

Intervenant·es :

Frédéric Coulon

Ingénieur
Solagro
& membre du Conseil d’Administration de l’Afac-Agroforesteries

Fabien Liagre

Responsable Recherche & Développement
AGROOF
& membre du Conseil d’Administration de l’Afac-Agroforesteries

Catherine Moret

Responsable projets
Afac-Agroforesteries

Baptiste Sanson

Responsable projets
Afac-Agroforesteries

Nos propositions résumées :

L’Afac-agroforesteries a publié un Cahier d’acteur sur la plateforme « ImPACtons » afin de synthétiser et porter au débat nos propositions pour l’arbre et la haie dans la future PAC. Vous pouvez continuer à le commenter et la relayer en cliquant ici.

Découvrir le cahier d’acteur 

Mesure « haies » du plan de relance économique : pour une approche complète de la haie, de l’amont à l’aval

 

Alors que, depuis 1950, 70 % des haies ont disparu des bocages français et que cette érosion continue de se poursuivre au rythme de 11 500km par an, l’intégration d’une mesure « haies » dans le Plan de relance est une occasion unique pour enrayer la disparition des haies en France. Au-delà du montant conséquent des aides allouées à cette mesure – plusieurs dizaines de millions pourraient être mobilisés sur deux ans -, son caractère inédit réside dans l’articulation, pour la première fois, de quatre volets complémentaires : « replanter 7 000 km de haies, instaurer une gestion durable des haies existantes et structurer les filières locales de production d’arbres et de valorisation de la biomasse issue des haies »* . Dans un contexte où l’adaptation des systèmes agricoles et des territoires au changement climatique n’est plus une option mais une impérieuse nécessité, c’est bien cette approche complète, de l’amont à l’aval, que souhaite encourager l’Afac-Agroforesteries, en tant que réseau national pour l’arbre et la haie. 

L’inscription d’une mesure dédiée à la haie dans le plan de relance économique est un signal fort. Il signifie que les haies ne sont plus considérées uniquement à l’aune des enjeux environnementaux qu’elles représentent mais dans une perspective plus globale où les haies sont le support d’un triple développement territorial : à la fois agricole, environnemental et économique. Dès lors, il s’agit non pas d’opposer ces trois approches mais de chercher à les articuler. Il s’agit de faire de la transition écologique un moteur de l’économie et non pas un frein. La haie en donne une parfaite illustration.

Des milliers d’emplois sont en effet concernés directement ou indirectement par l’économie territoriale liée aux haies : les agriculteurs en tant que principaux gestionnaires, les conseillers agroforestiers qui accompagnent les agriculteurs dans la bonne gestion de leurs réseaux de haies, les collecteurs de graines et les pépiniéristes qui produisent les centaines de milliers de plants arbres et d’arbustes pour créer de nouvelles haies, les gestionnaires des collectivités qui s’appuient sur les services écosystémiques rendus par les haies ou qui s’approvisionnent en bois issus des haies pour se chauffer, les salariés des structures de distribution du bois bocager, les entreprises agroalimentaires valorisant l’engagement environnemental de leurs fournisseurs, etc. Cette nouvelle économie des territoires liée aux haies est aussi celle qui peut nous permettre de les sauver d’une érosion irréversible. Si les haies ont considérablement régressé en France et continuent de disparaître à un rythme de 11 500 km par an, c’est notamment parce que ce réseau bocager a perdu sa valeur économique et sa valeur d’usage. Redonner aux haies un intérêt économique réel permettra d’assurer leur préservation et leur restauration sur le long terme, et par là-même de bénéficier des services écologiques qu’elles remplissent (protection de l’eau, biodiversité, production de biomasse, stockage de carbone, qualité des et identité des paysages…). La haie est un « couteau suisse » de l’écologie et constitue probablement l’un des moyens les moins onéreux, le plus rapide et efficace pour que la France atteigne les objectifs qu’elle s’est fixée lors de l’Accord de Paris.

Soutenir l’accompagnement technique de la mesure « haies » dans les territoires :

Une enquête menée par l’Afac-Agroforesteries auprès des opérateurs de l’arbre et la haie en France a démontré que les acteurs en place ont toute la capacité opérationnelle à engager, dès maintenant, des actions portant sur l’ensemble de la filière haie, sur chacun des volets de la mesure « haies » du Plan de relance. Des projets déjà en cours, mais demandant à être renforcés, permettraient de déployer ces actions dès le début de l’année 2021.  Cela permettrait de sauver des dizaines de milliers de kilomètres de haies, d’accélérer la transition écologique des territoires et de relancer une économie liée à la haie. Pour que la mesure « haies » du Plan de relance soit à la hauteur de ces enjeux, il est impératif qu’elle appuie l’ensemble de ces structures d’ingénierie territoriale autour des haies, ayant la compétence d’accompagnement à la plantation et à la gestion des haies champêtres (Parcs naturels régionaux, Syndicats de bassin versant, associations ayant pour objet principal l’arbre et la haie, Chambres d’Agriculture, Fédération départementales des Chasseurs, SCIC de valorisation du bois bocager…). Leur rôle d’accompagnement technique est indispensable pour assurer un accompagnement des agriculteurs dans la réappropriation de leurs haies, leur développement et l’adoption de pratiques de gestion durable de ces haies.

Prendre en compte la filière haie de l’amont à l’aval :

Pour être efficace, il est nécessaire que la mesure « haies » du plan de relance soit construite au regard de plusieurs objectifs opérationnels : depuis les filières amont de pépinières pour la production de plants d’arbres et d’arbustes jusqu’aux filières aval de valorisation de la biomasse issue des haies, en passant par la plantation et la gestion durable des haies déjà en place :

  • Objectif 1 : la mesure « haies » doit permettre la restauration des haies existantes par une gestion durable, afin de garantir leur bon état écologique. Sans cette gestion durable, le capital « haie » continuera de se dégrader de façon très rapide ; en effet, les haies meurent aujourd’hui de pratiques d’entretien dégradantes avec l’usage d’outils mécaniques inadaptés (lamier, épareuse, broyeur…) et de vieillissement par manque de régénération.
  • Objectif 2 : la mesure « haies » doit permettre la valorisation économique de ces haies en renforçant et en développant les filières locales de valorisation de la biomasse issue des haies. Pour garantir la fourniture d’une ressource renouvelable et respectueuse de l’arbre, la mesure peut s’appuyer sur des certifications telles que le Label Haie.
  • Objectif 3 : la mesure « haies » doit soutenir la plantation de nouvelles haies ou leur régénération naturelle assistée, en particulier dans les zones où le patrimoine arboré est le plus dégradé. Sur ces territoires, la replantation des haies est une priorité.
  • Objectif 4 : en amont des plantations, la mesure « haies » doit soutenir la structuration des filières françaises de collecte de graines et de production de plants, puisque la plantation de 7000 kilomètres de haies représente un besoin de production d’environ 7 millions de plants d’arbres et d’arbustes. Si l’on veut que les plants d’arbres et d’arbustes de ces futures haies soient résilients au changement climatique et que les haies ainsi plantées remplissent leur rôle en matière de biodiversité, il est essentiel que les graines des arbres et des arbustes des futures haies soient d’origine génétique locale et issues de collecte en milieu naturel, comme le garantit la marque Végétal local, propriété de l’Office français de la biodiversité. À défaut, cela reviendrait à soutenir la plantation de plants tout venant, issus d’un marché européen, sans cohérence avec la biodiversité de nos territoires ni avec l’objectif premier du plan de relance : soutenir l’économie française et sa transition écologique.

Tous les bilans des politiques publiques de replantation des haies de ces vingt dernières années l’ont démontré : les dispositifs de soutien à la replantation qui n’intègrent pas la préservation de l’existant et le développement des filières de l’amont à l’aval sont inefficaces pour stopper le déclin des haies. Ce déclin n’est pas inéluctable et le contexte n’a jamais été aussi propice pour créer une nouvelle économie des territoires liée aux haies et créer les nouveaux paysages de l’arbre pour la transition. Dotée de moyens sans précédents, la mesure « haies » doit permettre d’inverser cette tendance, elle ne peut pas être un simple symbole du verdissement du Plan de relance.

 

 

 

WEBCONFÉRENCE : Nos propositions pour l’arbre et la haie dans la future PAC

La Politique agricole commune (PAC) fait actuellement l’objet de négociations pour concevoir ce qui sera le paysage agricole de demain. Dans un contexte d’érosion de la biodiversité et de crise climatique, où l’agriculture se place tant du côté des problèmes que de celui des solutions, les enjeux sont élevés ; et l’agroforesterie se montre comme une clé de voute à l’intersection des différents défis que doit relever le monde agricole. Dans un dispositif aussi structurant que celui de la PAC, nous sommes convaincu·e·s que l’arbre doit être central, placé comme un allié des agriculteurs et agricultrices, un levier pour leurs performances environnementales et économiques. 

En s’appuyant sur l’expertise de son réseau, nous nous sommes donc mobilisé·e·s pour construire des propositions pour une PAC qui favorise le maintien, la gestion durable et le développement de l’arbre et la haie. 

Nous vous présenterons ces mesures au cours d’une webconférence le 19 octobre à 14h.

Programme

>>  Les enjeux du développement de l’agroforesterie pour la prochaine décennie

>>  Comprendre la réforme de la PAC : opportunités et incidences pour l’agroforesterie

>>  Nos propositions pour placer l’arbre au coeur de la future PAC

Intervenant·es :

Frédéric Coulon

Ingénieur
Solagro
& membre du Conseil d’Administration de l’Afac-Agroforesteries

Fabien Liagre

Responsable Recherche & Développement
AGROOF
& membre du Conseil d’Administration de l’Afac-Agroforesteries

Catherine Moret

Responsable projets
Afac-Agroforesteries

Baptiste Sanson

Responsable projets
Afac-Agroforesteries

Suivez notre webconférence le 19 octobre à 14h :

https://zoom.us/j/93691546524

Vous pouvez d’ores et déjà porter la voix de l’arbre au cœur des débats sur la PAC :

L’Afac-Agroforesteries promeut et met  en œuvre des politiques globales de développement de l’arbre et de la haie dans tous les territoires, pour répondre aux enjeux de transition agroécologique, de lutte contre l’effondrement de la biodiversité et de résilience face à la crise climatique. À ce titre, nous avons publié un Cahier d’acteur sur la plateforme « ImPACtons » afin de synthétiser et porter au débat nos propositions pour l’arbre et la haie dans la future PAC. 

Vous pouvez continuer à le commenter et la relayer en cliquant ici.

À ce jour, le cahier d’acteur de l’Afac-Agroforesteries est le plus suivi de la plateforme ! 

« ImPACtons ! » : pour une PAC qui favorise le maintien, la gestion durable et le développement de l’arbre et la haie

Des négociations très importantes sont en cours pour définir le futur de la Politique Agricole Commune. Cette réforme de la PAC est une occasion unique pour porter un haut niveau d’ambition de l’agroforesterie afin de donner au secteur agricole les moyens de réaliser sa transition agroécologique et de rendre la future PAC plus conforme aux fortes attentes des citoyens en ce qui concerne leur santé, l’environnement et le climat. Nous avons maintenant besoin de vous pour porter la voix de l’arbre et la haie jusqu’au coeur des nouvelles politiques européennes. 

L’Afac-Agroforesteries se mobilise depuis plusieurs mois autour des négociations sur la future PAC en publiant un ensemble de propositions pour l’arbre et la haie, et en s’impliquant au sein de la Plateforme pour une autre PAC. Au cours de cet automne 2020, nous prenons part au débat public « ImPACtons ! », le premier débat public sur l’agriculture en France. Organisé par la Commission Nationale du Débat Public (CNDP), « ImPACtons » donne la parole aux citoyen·nes français·es pour définir les mesures prioritaires à défendre lors des négociations européennes. Ce débat nous offre donc, à toutes et tous, la possibilité d’influer sur l’évolution du modèle agricole européen à court et long terme. 

Dans le cadre de ce débat, l’Afac-Agroforesteries a eu l’opportunité de publier un « Cahier d’acteur » dans lequel l’ensemble de nos propositions pour l’arbre et la haie au sein de la PAC post 2020 sont synthétisées et portées au débat. Nous y présentons notre vision de l’agroforesterie, et les mesures qui nous semblent nécessaires pour permettre son développement et son intégration à tous les systèmes agricoles.  Jusqu’au 31 octobre 2020, nous vous invitons à prendre connaissance de ce Cahier d’acteur, le commenter et y apporter votre soutien via la plateforme « ImPACtons ».

Découvrir le Cahier d’acteur de l’Afac-Agroforesteries

Comment soutenir le Cahier d’acteur de l’Afac-Agroforesteries ?

Nous vous remercions pour votre mobilisation !

Soutenez la gestion durable des haies, 1% for the Planet double votre don

L’Afac-Agroforesteries a été retenue pour participer aux Rencontres des Associations et Philanthropes organisées par 1% for the Planet, le 7 octobre prochain. À cette occasion, nous avons l’opportunité de lancer une campagne de dons auprès de notre réseau et du grand public qui sera boostée par 1% for the Planet, puisqu’il doublera les dons effectués au profit de l’Afac-Agroforesteries jusqu’au 5 octobre inclus.

Propulsé par HelloAsso

 Un enjeu écologique : Les haies françaises se meurent, et le climat avec elles 

Notre projet : Restaurer les haies avec les agriculteurs 

L’objectif du projet est d’accompagner les agriculteurs dans l’amélioration de leurs pratiques de gestion des haies et de contribuer à redonner une valeur économique à la haie. Pour cela, l’Afac-Agroforesteries souhaite accompagner un dispositif de Paiement pour Service Environnementaux (PSE) rendus par les haies qui rémunèrent l’effort des agriculteurs pour les préserver, à travers une gestion durable encadrée par le Label Haie.

Action 1 –  Concevoir un PSE sur la haie

La mise en place de PSE expérimentaux, lancé par le Ministère de la transition écologique (MTE) à travers l’action 24 du Plan biodiversité, et portés par les Agences de l’eau, constitue l’opportunité de rémunérer pour la première fois les multiples services écosystémiques rendus par la haie, au regard d’une société qui en attend des bénéfices. L’Afac-Agroforesteries souhaite configurer un dispositif PSE relatif aux haies et au bocage, commun à l’échelle inter-bassins des Agences de l’eau avec près de 50 porteurs de projet PSE-Haie locaux.

Action 2 – Déployer le Label Haie avec les PSE

Pour apporter une réponse fiable et adaptée à la mise en oeuvre de contrats PSE-Haie auprès des agriculteurs, le Label Haie s’avère être un outil qui apporte une garantie de résultats d’une gestion durable assurant les services écosystémiques attendus justifiant une rémunération via le PSE et facilement contrôlable via une procédure de certification externalisée. Cette démarche combinée PSE et Label Haie contribue à donner un nouveau statut social à la haie et une nouvelle responsabilité à ceux qui la gèrent et la préservent, à savoir agriculteurs et les collectivités. C’est une démarche positive qui donne envie d’aller vers l’arbre.

L’impact du projet :

  • 10 millions € de contrats PSE-Haie signés avec 3 000 agriculteurs
  • 56 territoires PSE-Haie engagés sur les 9 grandes régions de France
  • 10 000 km de haies engagées dans le Label Haie d’ici 2022

Votre soutien : Contribuez au projet en faisant un don 

Aujourd’hui, nous disposons de soutiens de la part de partenaires publics Ministère de l’Ecologie et de l’Agriculture, de l’Agence de l’eau Loire-Bretagne, l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Énergie (ADEME) et de l’Office français pour la biodiversité (OFB) pour financer la première année d’animation nationale du projet par l’Afac-Agroforesteries (de septembre 2020 à août 2021), à savoir 135 000€.

Vous avez envie de contribuer au projet de restauration des haies en France ? Faites un don* à l’Afac-Agroforesteries !

*Si vous êtes imposable, 66% de votre don peut être déduit de vos impôts sur le revenu (dans la limite de 20% de vos revenus nets imposables) car il remplit les conditions générales prévues aux articles 200 et 238 bis du code général des impôts.Ainsi le coût du don est réduit pour vous et vous choisissez où va une partie de vos impôts.

Propulsé par HelloAsso

Notre objectifs de collecte : atteindre 4 000€ de dons.

Fin de la campagne de collecte de dons : 5 octobre inclus

L’arbre et la haie dans la future PAC : l’Afac-Agroforesteries publie ses propositions

Avec l’appui de son réseau pour l’arbre et la haie de plus de 200 organismes, l’Afac-Agroforesteries s’engage à défendre l’agroforesterie dans la future PAC et publie ses propositions pour une PAC qui favorise le maintien, la gestion durable et le développement de l’arbre et la haie.

La présente note constitue une première étape et une invitation au dialogue. L’Afac-Agroforesteries publiera en septembre 2020 une version enrichie et illustrée de ces propositions pour les mettre en discussion dans le cadre des réunions organisées à l’occasion du débat public « imPACtons! » sur la PAC.

L’Afac-Agroforesteries organisera également des webconférences à la rentrée 2020 pour présenter ces propositions. Pour vous tenir informé de ces événements ou recevoir nos prochains communiqués sur la PAC, inscrivez-vous à notre lettre d’information

L’Afac-Agroforesteries est membre de Pour une autre PAC , plateforme française inter-organisations constituant un espace commun de réflexion et d’action, en vue de la refonte de la politique agricole commune (PAC).

Pour réagir à ces propositions ou plus de renseignements :

 Catherine Moret (Responsable de projets) : catherine.moret@afac-agroforesteries.fr

 Baptiste Sanson (Responsable de projets) : baptiste.sanson@afac-agroforesteries.fr

 

Une ambition forte pour l’arbre et la haie dans la future PAC

La double crise du changement climatique et de l’effondrement de la biodiversité que nous connaissons nous oblige à accélérer la nécessaire transition vers l’agroécologie de nos modèles agricoles. Le développement des systèmes agroforestiers permet d’apporter une réponse globale à ces enjeux. En effet, une présence élevée d’arbres en bon état écologique dans tous les systèmes de production, permet d’accroitre la résilience et la performance agroécologique globale des exploitations agricoles, en fournissant à la fois des productions directes sources de revenu pour les agriculteurs et des services attendus par la société : maintien de la biodiversité et des fonctions écologiques, fourniture en biomasse et stockage du carbone, préservation des eaux de surface et limitation de l’érosion, renforcement de l’économie des territoires avec des filières durables génératrices d’emploi.

Pourtant, dans l’actuelle programmation de la PAC, l’arbre est encore bien trop souvent perçu comme un élément potentiellement bloquant qui évoque la contrainte plutôt qu’une opportunité pour les agriculteurs. La future programmation devra afficher un message clair en faveur de l’agroforesterie, en cohérence avec les enjeux actuels des politiques publiques et les objectifs des stratégies « Biodiversité » et « De la ferme à la table » de la Commission européenne. Elle devra apporter un cadre sécurisant et durable pour les agriculteurs, leur permettant de maintenir et gérer durablement leurs systèmes agroforestiers et de les développer dans la durée.

Forte de ces convictions et appuyé par son réseau pour l’arbre et la haie de plus de 200 organismes, l’Afac-Agroforesteries s’engage à défendre l’agroforesterie dans la future PAC et publie ses propositions pour une PAC qui favorise le maintien, la gestion durable et le développement de l’arbre et la haie.

Faire ce choix sera un levier incontournable pour que la PAC post-2020 accompagne la transformation des filières agricoles et alimentaires avec un haut niveau d’ambition environnementale en donnant au secteur agricole les moyens de réaliser sa transition agroécologique. Faire ce choix sera aussi un moyen de rendre la future PAC plus compréhensible pour les agriculteurs et les citoyens, en tenant compte des fortes attentes sociétales en faveur de l’arbre et la haie.

 

Les principes que nous défendons pour la future PAC

Dans un contexte de négociation où l’architecture de la PAC n’est pas stabilisée, les propositions de l’Afac-Agroforesteries ont été construites en tenant compte de cinq principes généraux qui servent de ligne directrice :

NE PAS IMPOSER L’ARBRE : L’intégration de l’arbre dans l’agrosystème ne peut pas être imposé par la PAC aux agriculteurs. Cette stratégie est contreproductive car le développement de l’agroforesterie doit être porté par une dynamique d’adhésion et de projet et non pas par la contrainte réglementaire. Pour autant, si l’intégration de l’arbre dans l’agrosystème ne doit pas être imposé par la réglementation, la prochaine PAC doit permettre une meilleure prise en compte des infrastructures agroécologiques (IAE) pour répondre aux objectifs spécifiques environnementaux du règlement de la future PAC. C’est pourquoi nous replaçons systématiquement l’arbre et la haie en tant que composantes majeures des infrastructures agroécologiques ce qui a amené à faire des propositions générales pour la prise en compte de ces IAE dans la future programmation, avant de les préciser pour les infrastructures arborées. La note va ainsi du général au particulier et a été conçue pour faciliter la convergence d’approche avec d’autres partie-prenantes qui défendent les IAE non arborées.

à cf. logique transversale de replacer les infrastructures arborées au sein des infrastructures agroécologiques

NE PAS PENALISER L’ARBRE : En parallèle, la prochaine programmation de la PAC ne doit plus pénaliser les agriculteurs qui ont déjà fait ou qui feront le choix d’intégrer l’arbre dans leur agrosystème. Elle doit leur apporter un cadre sécurisant et stable dans la durée, afin que ce choix d’intégrer l’arbre à leurs pratiques ne soit pas source de complexité réglementaire.

à cf. propositions sur l’admissibilité p.13

PRESERVER : La future PAC doit préserver les infrastructures agroécologiques, et les infrastructures arborées en particulier. La conditionnalité ne doit pas régresser et mieux prendre en compte l’arbre.

à cf. propositions sur la conditionnalité p.11

ENCOURAGER :  Les exploitations les plus vertueuses qui ont des infrastructures arborées suffisamment denses et en bon état écologique doivent être encouragées et ces pratiques de gestion durable rémunérées pour les services environnementaux rendus, afin de pérenniser ces pratiques dans la durée.

à cf. propositions sur les Paiements pour services environnementaux dans le 1er pilier

ACCOMPAGNER : Tout agriculteur doit avoir la possibilité de faire évoluer son agrosystème pour y développer l’agroforesterie en activant un ou plusieurs dispositifs proposés dans la future programmation. Et ce, quelle que soit son orientation technico-économique (élevage, grande culture, viticulture, maraîchage, etc) et le niveau actuel d’intégration des arbres dans son agrosystème (présence faible ou élevée).

à cf. propositions sur l’aide à l’investissement et les MAEC dans le 2nd pilier

 

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