ZOOM SUR LE JURY EN PAYS DE LA LOIRE – Concours des pratiques agro-écologiques – Agroforesterie 2021

Les jurys locaux de la troisième édition du Concours des pratiques agro-écologiques – agroforesteries touchent à leur fin.

En début d’année 2021, les dossiers présélectionnés seront étudiés pour la finale nationale. Rendez-vous au mois de mai pour l’annonce des lauréats nationaux !

En savoir plus sur le concours

Retour en images sur les visites du jury du concours local Pays de la Loire !

Le dernier jury local de l’année s’est tenu lundi 21 décembre en Vendée, territoire retenu pour cette édition en Pays de la Loire. Cette journée était organisée par Olivier Clément (Fédération régionale des chasseurs de Pays de la Loire) et Jean-Charles Vicet (Chambre d’Agriculture des Pays de la Loire). Les six candidats concourraient dans la catégorie « Implantation ».

Le premier prix local d’Équilibre Agro-écologique Agroforesterie est décerné au GAEC Les Rocs

La ferme lauréate est installée à Saint-Mesmin et produit principalement des bovins laitiers et des légumes de plein champ en agriculture biologique. L’objectif des trois associés est d’atteindre une autonomie complète pour leur élevage. C’est pour l’instant le cas à 100 % sur la nourriture des animaux, mais pas encore sur la paille ; la gestion des haies, plantées il y a une vingtaine d’années, ainsi que la plantation de nouveaux arbres en intraparcellaires, doivent donc mener, à terme, à la production de litière bois déchiqueté pour couvrir l’ensemble des besoins. Le bois produit servira aussi à alimenter les chaudières de la collectivité locale.

Antoine Biteau explique : « j’ai eu le déclic lors d’un voyage au Maroc. Les oasis y sont un modèle pour l’agroforesterie : l’arbre protège tout ce qui est en dessous de lui. Chez nous, il sera indispensable pour s’adapter au changement climatique et retenir l’eau. »

Sur les plantations intraparcellaires, des protections individuelles électriques ont été placées autour de chaque arbre pour les protéger des vaches qui pâturent la prairie. Ces protections se révèlent aussi très utiles contre le gibier. Les associés estiment que le coût d’implantation du système, dans lequel ils ont tenté d’anticiper un maximum de problématiques de gestion ultérieure, est complètement compensé par le gain obtenu a posteriori en termes de temps de travail.

La ferme de Pascal Sachot / GAEC Le Granite remporte le 2ème prix

Bois bûche pour lui-même et pour son entourage, bois plaquette énergie pour la commune, piquets, bois d’œuvre, paillage… Chez Pascal Sachot, à Sevremont, chaque bois trouve sa valorisation ! L’arbre est une ressource économique à part entière, un atelier qui fait partie intégrante de l’exploitation. La communauté de communes a joué un rôle important dans l’instauration d’une dynamique locale de valorisation du bois issu des haies en ouvrant plusieurs chaudières collectives pour lesquelles elle se fournit uniquement localement.

« Je plante avec parcimonie, mon objectif c’est plutôt de préserver l’existant. L’impact des activités humaines sur les haies est encore trop important. »

Le GAEC la Ferme de Cérès remporte le 3ème prix

Approchant de la retraite, Jean-Marc Aubret a voulu redonner une nouvelle identité à cette parcelle en vue de sa transmission, et la protéger de l’étalement urbain. Il y a ainsi planté 42 arbres par hectare, sur des lignes espacées de 26 mètres, dont 2 de bande enherbée. Il mesure aujourd’hui un premier impact positif en matière de biodiversité et d’auxiliaires de culture : sur ses tournesols cultivés en agriculture biologique, aucuns dégâts de limaces ne sont à déplorer, grâce à une grande population de carabes amenée par les arbres.

Les arbres aident aussi à compenser la diminution de l’apport en matière organique par le fumier, suite à l’arrêt de l’activité d’élevage, et ils créent un micro-climat favorable aux cultures : « Sur le sarrasin, cette année, c’était flagrant : sur deux mètres le long des arbres, la culture était bien plus haute qu’au centre de la parcelle. » 

Le jury a visité trois autres parcelles au cours de la journée :

La ferme de Freddy Gauvrit

L’exploitation de Freddy Gauvrit est située en plein cœur du bocage vendéen et accueille un troupeau de brebis qui pâturent sur une surface fortement arborée. Freddy Gauvrit s’attache à transmettre ses engagements et son métier le plus largement possible autour de lui : par la vente directe de sa production, qui lui permet d’échanger avec ses clients et d’organiser des animations, mais aussi en accompagnant l’installation de plusieurs jeunes chaque année.

« Avec les grosses chaleurs que l’on a maintenant, il y a d’importants problèmes de myiases sur les moutons. Ici, quand mes brebis sont sous les arbre,s c’est là qu’elles sont le mieux, ça les protège. »

La ferme de Jacques Dupont

Jacques Dupont est éleveur de canards prêts à gaver et de volailles en vente directe, dans une zone ayant été très fortement remembrée dans les années 70. Il a décidé de reconstituer le maillage bocager en plantant des haies ainsi que des arbres dans les parcours à volaille, malgré les difficultés d’une zone très humide. Plusieurs essais ont été nécessaires avant de trouver les essences adaptées au milieu et la technique de plantation qui garantirait la pousse des arbres. Jacques a récemment participé à la création de l’association Arbala – Association pour l’arbre agroforestier en Loire Atlantique – pour gagner en visibilité et capter des financements.

Sensible aux impacts de son activité, Jacques a planté en premier lieu pour le bien-être de ses animaux, mais aussi pour le sien et pour le paysage. Il espère que les arbres permettront de limiter les ruissellements et de limiter ainsi la pollution en aval.

« J’ai à cœur que ça marche pour être une grande vitrine pour mes voisins. Ils vont y venir ! Ils vont bien voir que leurs vaches crèvent de chaud et qu’elles sont mieux sous les arbres. »

La ferme de Danielle et Philippe Rabaud

Danielle Rabaud a été marquée par l’arrachage massif des haies de la région pendant son enfance. Lorsqu’elle a pris la suite de son beau-père sur l’exploitation, malgré les défauts du système en place, elle a été reconnaissante du soin qu’il avait pris de conserver les 13km de haies existantes. Elle a poursuivi sa démarche en plantant, en 2007, une parcelle de prairie en agroforesterie. Elle y pratique un élevage extensif de bovins en pâturage tournant dynamique, permettant aux vaches de s’abriter sous les arbres.. La valorisation du bois est encore à développer.

Si la gestion des haies a longtemps été négligée et très mécanisée, la mise en place d’une MAE a permis à un groupe d’agriculteurs d’acquérir du matériel plus adapté et de lancer une nouvelle dynamique.

ZOOM SUR UN JURY LOCAL EN NOUVELLE AQUITAINE : Concours des pratiques agro-écologiques – Agroforesterie 2021

Le Concours Général Agricole récompense les producteurs et soutient les filières agricoles françaises depuis 150 ans. Pour récompenser l’équilibre agro-écologique agroforestier sur leurs parcelles, la catégorie Agroforesterie est divisée en deux sections :

• Implantation (pour les parcelles d’agroforesterie âgées de 5 à 10 ans et plantées par l’agriculteur candidat)

• Gestion (pour les parcelles d’agroforesterie âgées de plus de 10 ans et gérées par l’agriculteur candidat).

En savoir plus sur le concours

Retour en images sur les visites du jury !

Cette année, la région Nouvelle-Aquitaine a accueilli deux concours locaux. En novembre, le jury s’était réuni en Charente-Maritime pour la catégorie implantation. Jeudi 10 décembre, c’est pour la catégorie gestion qu’un jury s’est constitué dans le département des Deux-Sèvres. Les jurés ont ainsi pu découvrir et évaluer les pratiques de gestion des haies sur 6 parcelles candidates. Cette journée a été organisée par Françoise Sire pour Réunir-AF et l’association Prom’Haies en Nouvelle-Aquitaine.

Le premier prix local d’Équilibre Agro-écologique Agroforesterie a été décerné au

 GAEC des Trognes

Au GAEC des Trognes, l’élevage de brebis en bio est indissociable du territoire bocager de Gâtine. La parcelle candidate nommée « Petit champ du châtaigner » porte bien son nom. Cette prairie est entourée de haies diversifiées, et un châtaignier en fin de vie, inestimable refuge de biodiversité, a été préservé au centre de la parcelle. Le bois issu des haies permet de chauffer l’habitation.

« Le but c’est de s’adapter au milieu et pas l’inverse. » Jean-Claude Braconnier

L’exploitation de Guillaume Grasset

Chez Guillaume Grasset, les vaches qui vivent en extérieur toute l’année sont protégées par le bocage : les haies et les arbres limitent l’effet du vent et de la pluie. La ferme, en autonomie fourragère, repose sur une philosophie : si on prend soin des arbres, on prend soin de son milieu de vie. Il y a deux ans, l’agriculteur avait déjà participé au concours-test préalable à l’intégration de l’agroforesterie au Concours Général Agricole. Depuis, son exploitation a suscité la curiosité de nombreux élèves du lycée agricole local, qui viennent régulièrement visiter son exploitation.

« Avec les arbres, ce sont les vaches qui commandent. Moi je travaille pour qu’elles se sentent bien sur la ferme »

Tout est lié : le bien-être des vaches fait le bien-être de l’éleveur et du consommateur.

 

L’exploitation de Frédéric David

 

Avec ses 6,5 km de haie, l’éleveur ovin et bovin en double-actif Frédéric David travaille à la recherche d’équilibre. Sur ses parcelles en grandes cultures, il vise un rendement optimum et non maximum grâce aux haies.

« Je n’ai arraché aucune haie car je les estime indispensables et utiles à mon activité agricole : bien-être animal et des cultures, abri faunistique, beauté des paysages, éléments du patrimoine… »

L’élevage de Jean-Christophe Réau

Membre du collectif « Pâtures et papilles », Jean-Christophe Réau est un éleveur bovin et ovin en plein air intégral. Pour lui, les haies sont essentielles. En plus d’atténuer les effets du changement climatique, les haies et les arbres servent au bien-être animal (ombre en été, abri en hiver) mais ont également une dimension pratique en servant de clôture, d’apport fourrager, de vermifuges et d’énergie puisque l’habitation est chauffée grâce à une chaudière à bûches.

Le GAEC du Ternan, Jean-Paul Gentil

Dans cet élevage bovin pour production de viande et de lait, les arbres sont omniprésents. Ils permettent de maintenir la matière organique et de protéger les sols ainsi que la biodiversité. Avec une partie de la parcelle en sylvo-pastoralisme, les vaches profitent d’un abri permanent contre le vent et la pluie. L’exploitation du bois s’exprime par la vente de plaquettes de chêne pour alimenter 4 chaudières de particuliers, des plaquettes de noisetier sont utilisées en litière et une partie est cédée à des particuliers pour leurs massifs d’espace vert. L’habitation est également chauffée par une chaudière à bois bûche.

L’élevage de Maixent Morille

Les belles vaches élevées par Maixent Morille bénéficient de tous les bienfaits de la haie. Coupe-vent, pâturage riche grâce aux sols fertiles et protégés de l’érosion, exploitation en bois plaquettes pour le chauffage, les haies rendent de nombreux services à l’exploitation. La replantation est envisagée dans le futur, mais la priorité est l’entretien correct des 35 km de haies intra-parcellaires.

ZOOM SUR UN JURY LOCAL DANS L’EURE : Concours des pratiques agro-écologiques – Agroforesterie 2021

Les jurys locaux de la troisième édition du Concours des pratiques agro-écologiques – agroforesteries touchent à leur fin.

En début d’année 2021, les dossiers présélectionnés seront étudiés pour la finale nationale. Rendez-vous fin février pour l’annonce des lauréats !

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Retour en images sur les visites du jury du concours local Normandie !

Lundi 23 novembre, le jury local nommé pour le département de l’Eure s’est rendu sur les 4 parcelles candidates. Cette journée, organisée par Eddy Cleran de la Chambre d’Agriculture de Normandie, pour REUNIR AF,  a rassemblé 5 membres du jury : son président Guy Jacob (agriculteur, et élu Chambre d’Agriculture), Pierre Jegu (agriculteur), Caroline Pivain-Bronnaz (Département de l’Eure), Cyrille Cantayre (OFB-Office Français de la Biodiversité) et Karine Vezier (DRAAF-Normandie) ; ( le Conseil Régional de Normandie et Le Parc Régionale seine Normande étant excusés).

Le premier prix local d’Équilibre Agro-écologique Agroforesterie a été décerné à la ferme des Pâtures au Val Doré

La famille Duedal a développé l’agroforesterie sur ses parcelles en 2015. Éleveurs de bovins depuis plusieurs années, et plus récemment de brebis pour de la transformation en produits laitiers, ils ont été confrontés aux enjeux d’eau et de biodiversité. Suite à un diagnostic de la Chambre d’agriculture de l’Eure, ils ont introduit des plantations intraparcellaires sur leur ferme. Cette initiative est motivée par l’amélioration de la qualité de l’eau mais également pour le bien-être animal avec la création d’ombres dans les pâtures. À terme, ils envisagent l’exploitation de bois d’œuvre. Dans cette ferme, l’agroforesterie est avant/ tout aussi un projet familial, qui a joué un rôle central dans la transmission de l’exploitation : le père, Didier, a planté les premiers arbres peu de temps avant sa retraite, puis son fils Hugo a pris en main la conduite des arbres dès les premières tailles, décidant ainsi de les intégrer durablement à son propre projet.

Pour Hugo Duedal  « L’agroforesterie est intéressante parce qu’elle oblige l’agriculteur à avoir une réflexion à long terme. L’arbre est un investissement, un patrimoine paysager et financier. Il me rapportera en bois d’œuvre dans 30-50 ans. En attendant, il me rend des services. »

Les 3 candidats suivants remportes des prix locaux décernés par le département de l’Eure.

 

La ferme des Ruelles remporte le Prix local innovation

En voulant quitter l’agriculture intensive il y a 30 ans, Michel Galmel a souhaité créer sur ses parcelles un équilibre entre performance écologique, équité sociale et indépendance énergétique. Il a introduit des plantations intraparcellaies au milieu de ses céréales. Depuis, il a constaté le retour de nombreuses espèces d’oiseaux sur ses parcelles de pommes, céréales et Miscanthus (pour la production d’énergie).

Le lycée agricole du Neubourg remporte le Prix local expérimentation grâce à sa parcelle en agroforesterie

Cette parcelle se situe au cœur d’un paysage fortement urbanisé. Grâce à la plantation intraparcellaire, elle représente un îlot pour la biodiversité encore connecté.  Avec un dispositif d’arbres à croissance rapide et d’autres à croissance plus longue,  une comparaison avec une parcelle témoin et une autre forestière,  le lycée vise la production de bois d’œuvre tout en garantissant à la parcelle de conserver ses éléments arborés. Le projet a été réalisé avec les élèves à toutes les étapes : traçage des lignes, plantation, paillage, recépage.

Afin de transmettre les enjeux de l’agroforesterie au plus grand nombre, les équipes ont disposés des panneaux informatifs en bout de parcelle.

Le Prix local patrimoine est décerné à Anne-Laure Réveilhac de Maulmont au Mesnil-Jourdain

Sur cette exploitation en polyculture-élevage ovin, les haies et plantations intraparcellaires sont le fruit d’une réflexion pour l’installation d’une biodiversité pérenne. Le bien-être animal, le maintien de cette ferme en lien avec le développement des circuits de proximité et l’amélioration du paysage agricole ont également été les moteurs de cette transition. 80% de la surface agricole utilisée sont aujourd’hui en agroforesterie, Mme Réveilhac est convaincue des bienfaits de l’arbre sur le long terme. Elle est d’ailleurs très investie dans la transmission du savoir et souhaite développer des visites sur son parc pour sensibiliser le grand public.

ZOOM SUR UN JURY LOCAL EN GRAND-EST : Concours des pratiques agro-écologiques – Agroforesterie 2021

La troisième édition du concours est lancée. Depuis début octobre, les jurys se regroupent pour évaluer les candidats des territoires sélectionnés dans chaque région : Bourgogne-Franche-Comté (territoire Charolais-Brionnais), Grand Est (territoire « Outre-Forêt » en Alsace), Hauts-de-France (territoires PNR Caps et Marais d’Opale et Santerre), Normandie (département de l’Eure), NouvelleAquitaine (département de la Charente-Maritime et inter-territoire en Deux-Sèvres), Occitanie (territoire PNR Pyrénées catalanes), Pays de la Loire (département de la Vendée) et Région Sud (département du Vaucluse).

Les jurys locaux se consacrent à la présélection régionale jusqu’à fin décembre. En début d’année 2021, les dossiers présélectionnés seront étudiés pour la finale nationale. Rendez-vous fin février pour l’annonce des lauréats !

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Retour en images sur les visites du jury Grand-Est !

Lundi 02 novembre avaient lieu les visites de parcelles des 4 candidats en Grand-Est. Les participants ont été évalués sur des critères agronomiques, l’impact sur la biodiversité, l’eau, le paysage ainsi que sur des critères sociaux et de transmission de connaissance.

Les membres du jury – Anne Barth (Chambre d’agriculture de Moselle), Arthur Keller (Ligue pour la Protection des Oiseaux), Thomas Lacroix (Chambre d’agriculture des Vosges) et Véronique Stangret (Éduc Agri) – se sont rendus sur les parcelles des agriculteurs ayant présenté leur candidature auprès de Jacques Detemple (Haies Vives d’Alsace) et Patrick Cochard (Chambre d’agriculture de l’Aube), organisateurs de la journée.

Le premier prix local d’Équilibre Agro-écologique Agroforesterie a été décerné à la ferme d’Ernest Hoeffel à Walbourg :

Corrine Bloch et Ernest Hoeffel ont pour objectifs d’atteindre l’autonomie alimentaire de leur troupeau en intégrant les arbres dans le systèmes de production. Pour cela, il est nécessaire de « redonner leur place aux haies et aux arbres dans le monde agricole ». Cet élevage en bio de vaches charolaises a complètement intégré les pratiques agroforestières à son système de production depuis 3 ans. L’arbre crée de nombreux avantages sur la ferme : le broyât de bois associé à la paille sert à la litière des animaux, des haies « sauvages » sont une immense niche de biodiversité et certaines haies et arbres têtards accessibles aux animaux sont une sources de minéraux et d’anti-inflammatoires pour leur alimentation. Convaincus des bienfaits de l’arbre pour leur exploitation et pour leur environnement, les lauréats ne souhaitent pas s’arrêter là et ont commencé à planter de nouvelles haies.

L’élevage de Clément Schweitzer à Schleithal, 2ème prix et prix du pionnier :

« Quand on travaille avec les insectes et la biodiversité, on a besoin de soutien avec les bandes enherbées, les plantations intra-parcellaires, les haies. Il faut avoir des zones de refuge. »

Cet éleveur porcin cultive ses grains en bio depuis 2010. Lorsqu’il a repris l’exploitation familiale, Clément Schweitzer a décidé de réintroduire l’arbre sur ses parcelles de grandes cultures. Pour le plaisir d’avoir de beaux paysages, l’éleveur plante chaque année des arbres sur ses parcelles. L’introduction de haies et de plantations intra-parcellaires a eu un impact positif sur l’exploitation du candidat : limitation des coulées de boues lors de fortes intempéries et des effets du vent et augmentation de la biodiversité.

La ferme de Julien Scharch à Saessolsheim, 3ème prix et prix spécial Exploitation dans son territoire :

Julien Scharch et son fils font du maraichage de plein champ et de la culture de céréales en bio. Face à des parcelles de grandes surfaces, ces agriculteurs ont été frappés par la désertification du paysage. Depuis plusieurs années, ils ont réintroduit l’arbre en plantant des haies entre leurs parcelles avec un rituel de plantation tous les premiers samedis de janvier. Aujourd’hui ils ont obtenu un linéaire de 2,5 km mais ne comptent pas s’arrêter en si bon chemin : ils visent un linéaire de 3 à 4 km et la valorisation des haies ainsi plantées en bois d’oeuvre. Ils ont constaté les bénéfices de la haie avec le retour de la biodiversité et d’espèces d’oiseaux en voie de disparition, l’arrêt d’une très forte coulée de boue en 2018, la limitation de l’impact du vent et un dessèchement moins rapide de la terre lors d’épisodes de sécheresse.

Ils ont également réussi à fédérer un grand nombre d’acteurs autour de l’arbre en en faisant un centre d’intérêt collectif. Le conseil municipal, des bénévoles et des associations les accompagnent dans leurs activités de plantation.

Les parcelles de Roland Wendling à Knoersheim :

Cet ancien éleveur de lapins exploite 10 ha de parcelles céréalières et une petite forêt. Il est convaincu que pour produire plus et mieux, il faut introduire des pratiques agroécologiques. Cet agriculteur a expérimenté de nombreuses techniques : arrêt du labour pendant 10 ans, la plantation intra-parcellaire et la haie. à l’origine, l’agriculteur s’est intéressé à l’arbre pour ses effets sur la fertilisation des sols et pour sa capacité à en limiter l’érosion. Aujourd’hui, Rolland Wendling se concentre plutôt sur les effets de l’arbre contre le réchauffement climatique. Sensible à cette problématique, il encourage la plantation d’arbres pour stocker du carbone sur le long terme.

Au terme de cette journée, nous retenons que chaque candidat a perçu les bénéfices de l’arbre pour son système d’exploitation. L’introduction de l’arbre n’a pas eu d’effets négatifs sur leurs productions, ils constatent tous un rendement stable voire amélioré. L’investissement et les convictions de chacun sur la place de l’arbre dans le monde agricole sont très inspirantes.

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