Cadre et outils du label


Construire un label participatif


Il est proposé de mettre en place un label de type Système Participatif de Garantie (SPG) avec une gouvernance multi acteurs (producteurs et consommateurs privés et publics) ce qui permettra de prendre en compte au mieux les attentes et demandes de ces derniers. Ce label, d’une portée nationale, s’ancre localement avec une gestion décentralisée. En effet, basé sur un système d’autocontrôle, les producteurs et les consommateurs gèrent ensemble l’attribution du label. Ce n’est donc pas le producteur qui est contrôlé par l’organisme certificateur extérieur mais le système de labellisation dans sa globalité. Plusieurs motivations amènent à construire un label sur le principe de la participation :

  • la réduction des coûts de certification car ils sont reportés à une échelle nationale et non locale,
  • les améliorations collectives des bonnes pratiques de gestion du bocage,
  • le lancement de dynamiques participatives pour un ancrage local,

Ainsi, cinq principes majeurs ont été définis pour fonder les bases du label :

  1. la transparence du système et des acteurs (avec des indicateurs clairs et communs)
  2. la confiance
  3. la participation avec une vision commune de tous les membres (co-certification)
  4. l’égalité dans les décisions entre consommateurs et producteurs
  5. le processus d’apprentissage (évolution des pratiques)

En répondant à l’ensemble de ces engagements, le label peut prétendre à devenir un système participatif de garantie.

Le projet établira le processus de labellisation :

  • les gouvernances nationale, régionale et locale
  • la procédure de certification
  • l’organisme certificateur

 


Etablir deux cahiers de charges distincts (producteurs / revendeurs)


Le système de labellisation sera basé sur la participation des producteurs et des consommateurs. Il est, en effet, indispensable que les agriculteurs portent eux-mêmes le label, de sa construction, à son utilisation pour assurer une large adhésion auprès des autres agriculteurs des territoires. Tout comme il est nécessaire de garantir une transparence de la filière au consommateur à travers l’engagement du revendeur. Ainsi, le label reposera sur deux cahiers des charges distincts destinés d’une part au producteur et d’autre part au revendeur

La labélisation du producteur doit permettre :

  • De valoriser le travail de gestion durable du producteur,
  • D’apporter aux différents acteurs du marché de la transparence dans la chaine de gestion et de production du bois de bocage,
  • D’apporter aux différents acteurs du marché la sécurité et la traçabilité de la labélisation autour des la gestion durable du bocage,
  • De bénéficier de nouveaux débouchés pour mieux vendre le bois de bocage,
  • De répondre aux préoccupations des consommateurs et aux exigences des pouvoirs publics.

La labélisation du revendeur doit permettre :

  • De garantir aux différents acteurs du marché la traçabilité des volumes ou lots labélisés et vendus par le revendeur
  • D’apporter aux différents acteurs du marché la sécurité de la labélisation « bois de bocage durablement géré »
  • De bénéficier de nouveaux débouchés pour mieux vendre le bois de bocage
  • De répondre aux préoccupations des consommateurs et aux exigences des pouvoirs publics,
  •  De faciliter l’accès aux appels d’offre des marchés publics.

Ces cahiers des charges seront à construire à partir d’indicateurs qui seront à débattre et vérifier sur chacun des territoires pour limiter leur interprétation.

 


Créer un outil de traçabilité


L’un des objectifs de ce projet est de mettre en place un système de traçabilité des produits issus de la gestion du bois de bocage qui garantit au consommateur que celui-ci respecte entre autres les critères environnementaux (gestion durable de la ressource, impacts biodiversité / qualité de l’eau, etc…), et sociaux (aménité « rurale », paysage, identité, culture, etc.). Pour assurer cette traçabilité de la ressource, un système informatique d’enregistrement cartographique national sera créé pour permettre au revendeur et au consommateur de suivre son origine et de vérifier sa bonne exploitation. Il géolocalisera les haies dont est issu le bois bocager et donnera des informations sur chacune d’elle. Ce système informatique de traçabilité est à considérer également comme un outil qui sera le support de travail du technicien sur le terrain, pour établir les plans de gestion du bocage à l’échelle de l’exploitation agricole (PGB) et permettre de suivre, dans le temps, la gestion des haies à l’échelle de l’exploitation. L’agriculteur pourra lui aussi bénéficier de cet outil pour se repérer dans son plan de gestion du bocage et pour mettre à jour ses données (haies entretenues). Ainsi, l’ensemble des acteurs de la filière pourra se servir de cette application participative.