Gérer durablement l’arbre “hors-forêt”


Plan de gestion du bocage


Les opérateurs de terrain réunis au sein de l’Afac-Agroforesteries ont développé une approche et un suivi qualitatifs des plantations, qui se traduit par la mise en œuvre de plans de gestion de haies et la structuration de filières de gestions durables de la ressource bois.

Les membres du réseau sont à l’origine des premiers  « plans de gestion du bocage (PGB)». En 2004, les plans avaient essentiellement une approche « biodiversité et paysage » du bocage des exploitations. Avec le développement de la valorisation énergétique du bois, ces PGB se sont aussi orientés vers l’estimation de la ressource disponible et mobilisable, tout en gardant cette approche « milieu et multifonctionnalité » du bocage.

Cartographie d'un plan de gestion du bocage

Cartographie d’un plan de gestion du bocage

L’outil PGB poursuit son développement il remplit aujourd’hui plusieurs objectifs :

  • La présentation des haies de l’exploitation (typologie, longueur, essences, talus, fossés…)
  • Une approche économique
  • Un planning d’exploitation et d‘entretien durable.
  • Des propositions de gestion, de plantation, de regarnissage, pour enrichir les linéaires ou taillis.
  • Un module sur l’entretien des haies et la biodiversité est en cours de développement
  • Une centaine de PGB sont réalisés par an par le réseau.

Bois bocager, source d’énergie


Cette approche s’est aussi traduite par l’accompagnement et l’aide à l’émergence de structures de commercialisation du bois, associant collectivités, agriculteurs, associations pour une gestion durable des bois bocagers en filière courte, essentiellement sous la forme de structures coopératives d’intérêts collectifs (SCIC) ou d’associations (une trentaine identifiées à ce jour : 23 SCIC et 15 associations). Cela correspond à la commercialisation de 35 000 Tonnes de bois par an, soit la gestion durable de 7 000 kilomètres de haies.

Déchiquetage du bois

Déchiquetage du bois

 


Label “Bois bocager géré durablement”


Aujourd’hui, le bois issu du bocage, de la haie, de l’agroforesterie… ne peut afficher sa durabilité et sa gestion durable de l’amont à l’aval que par, au mieux, des chartes de bonnes pratiques. Or ces chartes ne garantissent rien de plus qu’une intention de gestion durable de la haie puisque aucun contrôle n’est effectué. Les gestionnaires d’arbres hors forêt n’ont aujourd’hui aucun outil permettant de garantir cette gestion durable de l’amont à l’aval de la filière  ; il leur est par conséquent, et de plus en plus régulièrement, impossible de répondre aux appels d’offre des collectivités pour leur approvisionnement en bois local.

Et pourtant, ce bois «  agricole  » est présent   sur près de 600 000 km en France et représente en volume moyen 93m3/km soit près de 65 millions de m3 (Solagro). Pour le seul exemple de la Basse-Normandie, l’arbre hors foret représente un volume sur pied de 22,8 millions de m3  soit 20 % du volume de bois de la région. Il s’agit de bois local, pour lequel on peut avoir une présomption de gestion durable et qui pourtant est aujourd’hui non certifiable.

C’est pourquoi l’Afac-Agroforesteries, en partenariat avec un collectif de structures, démarre un projet de création d’un label participatif pour la reconnaissance d’une gestion durable du bois agroforestiers alimentant les chaufferies en France.