Lors de la table ronde intitulée “Bocage et quantité d’eau” qui se tiendra le 22 novembre après-midi lors des 6èmes Rencontres nationales arbres et haies champêtres, Romain Reulier et Daniel Delahaye de l’Université de Caen – LETG, discuteront avec d’autres chercheurs des connaissances qu’ils ont produites qui renforcent l’argumentaire sur les rôles joués par le bocage pour l’eau.

Découvrons dès à présent le retour d’expérience d’une étude réalisée au sein du laboratoire de géographie physique LETG et en partenariat avec la communauté d’agglomération de Lannion-Trégor Communauté, dans cet article signé par Tania Zgheib :

L’objectif de ce stage de fin d’étude de Master 2[1] est d’étudier les relations entre les évolutions paysagères du bassin versant du Léguer (suppression des linéaires de haies, agrandissement des surfaces cultivées, etc.) et le fonctionnement hydro-sédimentaire du cours d’eau drainant ce bassin de 490km². Réalisé au sein du laboratoire de géographie physique LETG et en partenariat avec la communauté d’agglomération de Lannion-Trégor Communauté, ce travail reposait sur une double approche. La première visait à élaborer une cartographie du paysage de deux sous-bassins prioritaires à partir des données spatiales d’une série temporelle d’images Sentinel-1 et Sentinel-2 datant des années 2016. La seconde, au recours à un modèle multi-agents (LASCAR, LAndscape StruCture And Runoff) afin d’appréhender les effets de la structure paysagère sur les processus de ruissellement agricole de surface et sur leur capacité à rejoindre le cours d’eau.

Les résultats montrent que les surfaces connectées représentent 7,7 % des surfaces du sous-bassin versant de Lan Scalon – Goaz Koll et 8,4 % des surfaces du sous-bassin versant du Saint Emilion. Le ruissellement provenant des parcelles agricoles cultivées semble ainsi modifier le régime des cours d’eau pouvant accroître les processus d’érosion des berges et l’apparition de banc sableux.

Les résultats issus de ce travail doivent ainsi permettent aux différents gestionnaires de mettre en place des plans de gestion adaptés et fournissent de solides arguments pour plaider pour une reconquête des entités bocagères (haies, prairies, zones humides, etc.) au sein du bassin versant du Léguer et des espaces agricoles plus globalement.

[1] Zgheib T., 2018, « Télédétection et simulations multi-agents pour comprendre la cause des dépôts sableux dans le lit du Léguer », université de Paris Diderot, 80p.

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